Le rat du Mozambique

En hommage à Paul Sédine

Il est des rats de toutes sortes,
De solitaires ou de cohortes,
De ceux des villes ou des champs
Ceux des labos  qui sont tout blancs,
Ceux des égouts moins alléchants,
Mais celui qui fait notre histoire
Mérite un fifrelin de gloire.

C’est un quidam, un anonyme
Rien ne le disposait aux « Mines »
Il était né dans la roture
Et restait nul en écriture.
Quand un jour sur ce doux benêt,
A son dos, on mit un harnais
En le poussant vers des pâtures
Qui n étaient pas dans sa nature.
Tout franc, galop, loin en avant,
Notre rat part moustache au vent,
Curieuse de l’odeur profane
Qui viendrait troubler sa savane.
La senteur âcre d’un métal
Lui intime un arrêt brutal
Si bien qu’il cale obstinément
Il va sans dire… sur le champ.
Aussitôt  l’on crie, on s’empresse
On félicite on le caresse,
On donne un fromage odorant,
On fait tout un événement.
Mais le héros tant héroïque
Ne voulut pour l’acte civique
Qu’on ôte son harnachement
Sans délai, vite et simplement.

Michel Gelin

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