Notre jeu d’écriture sur le théâtre

Voici les textes composés par quatre Oxymoriens et présentés à notre réunion du jeudi 23 septembre 2021.

« En effet, Monsieur G., il y avait quelque chose dans le noir qu’on n’avait pas vu. Il faut dire que l’obscurité du salon s‘y prêtait. Il ne faisait pas nuit, Monsieur Thomas. C’était en attendant le jour, ce jour d’été attendu en vue du pique-nique. Des photos de famille se trouvaient sur le marbre rose de la cheminée. »

Deux petites dames vers le nord, sur cette plage de Marrakech, elles longeaient les vaguelettes. Il y en avait qui se brisaient sur leurs fines chevilles. L’une rentrée d’Amérique après les derniers devoirs rendus à un mari  «idéal», l’autre marchait à ses côtés, voulant à tout prix lui présenter un ami fidèle. Les amis de Carole étaient riches souvent, libertins assurément, fidèles pas longtemps !

« Ah ! toi et ton credo « Amour,amour », s’écria Emma. » Claudine Bastin

Amour amour, quand tu nous tiens…

Arthur: L’avenir dure longtemps, Nathalie, tu es jeune, il faut t’y résoudre.

Nathalie: Mais moi, j’en ai marre il n’y a rien de beau ici, j’me sens pas belle, tout est moche, même Emma, dans son pique-nique au plus beau jour d’été, avait déçu les amis de Carole.

Arthur: Tu t’égares, Nathalie ; Emma, comme les trois femmes de sa compagnie n’avaient rien de pâtissières enfarinées, elles avaient simplement leur âge, celui de la maturité, de cette plénitude qui inspira tant Rubens et son génie.

Nathalie: Comprends-moi, Arthur, je ne veux pas devenir comme ces matrones de photos de famille éprises de libertins  et nanties du soi-disant mari idéal à qui, selon le scénario convenu, il faudra  rendre un jour les derniers devoirs. Je veux vivre, voyager, courir de l’Amérique à Marrakech, aller comme ces deux petites dames vers le nord découvrir l’arbre de joie !

Arthur: J’entends bien, Nathalie, j’entends ton credo mais ne prends pas la vie pour l’opéra de quat’ sous, dis-toi qu’il y a toujours quelque chose dans le noir qu’on n’avait pas vu, n’écoute pas l’écho de ces vieilles chansons maléfiques qui sous les couleurs de la séduction dissimulent tant de malentendus. Mieux vaut rester en toute inquiétude que d’entonner ces chants de Maldoror qui ternissent et défigurent la réalité commune.

Nathalie: Que veux-tu Arthur, nous les filles, nous restons, nous sommes, en attendant le jour promis, les petites filles spirituelles et émancipées des sorcières que vous n’avez pas pu brûler…

Michel Gelin

Emma : « Je l’avais dit, c’était mon credo, c’était pour moi les derniers devoirs.
Carole : «  Leurs scénarios ne sont que des malentendus.  Quelle saletéMais il n’y a rien de beau ici ! »
Emma ne cessait de hurler ces vieilles chansons maléfiques.  Et les amis de Carole ne cessaient de se moquer… 
Emma et Carole, ces deux petites dames vers le nord, ont pris le pique-nique, pour rejoindre leur amie, en attendant le jour où, amour, amour, l’annonce faite à Marie se réaliserait enfin !
 Elles sont là toutes les trois, les pâtissières, Emma, Carol, Marie, réunies par un beau jour d’été, et qu’est-ce qu’elles attendent ?
Carole : « Un mari idéal, évidemment, pas un libertin s’il vous plaît ! »
Marie : « Non, plutôt un ami fidèle, avec qui l’avenir dure longtemps. » 
– J’ me sens pas belle, gémit Emma
– Qu’est-ce qu’on a fait de l’arbre de joie?  où est-il ?  implore Marie en toute inquiétude
– Peut-être à Marrakech … ou alors en Amérique ! ironise Carole.
Avec un sens de l’humour digne de l’opéra de quat ‘sous, les trois femmes ont finalement posé pour la photo de famille en proclamant en chœur : « Nous sommes les petites filles des sorcières que vous n’avez pas pu brûler !« 
Ce que vous ne saviez pas, sans doute, c’est que…
Il y avait quelque chose dans le noir qu’on n’avait pas vu !

Mady Pirotte

Et le grand vainqueur

« Nous sommes les petites filles des sorcières que vous n’avez pas pu brûler ». A égal d’un credo, tel se définit le club que trois femmes ont fondé. La plus emblématique d’entre elles se prénomme Emma. Elle veut venger l’honneur d’Emma Bovary qu’un tribunal voulut condamner comme furent condamnées un jour d’été, dans une Amérique puritaine, les « Sorcières de Salem ». Entre autres chefs d’accusation retenus contre celles-ci, de vieilles chansons maléfiques. Emma, elle, celle du roman, avait rêvé d’un mari idéal qui fût plus qu’un ami fidèle. Ainsi aurait-elle pu gémir « Mais il n’y a rien de beau ici » pendant que son médecin d’époux, de par les routes, à travers champs, allait à la rencontre de la saleté du monde. « J’me sens pas belle », soupirait-elle en attendant le jour. Alors comment, à quelle occasion, Rodolphe lui apparut-il ? Y avait-il un pique-nique dans le roman ? Je ne sais plus. En tout cas, qu’importait à Emma que ce Rodolphe fût un libertin sans scrupules ? Tout en elle criait « amour, amour » et, avant de s’abandonner tout à fait, elle lui susurrait,  suspendue à ses solides épaules, qu’il était son arbre de joie

Jacques Monville

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