Jeux de vilains

ARBRE

Parfois il est son enfant
Elle lui gratouille le dos
Elle lui caresse la tête
Elle lui papouille les oreilles
Elle lui ébouriffe les cheveux
Elle lui chuchote des comptines
Elle dénombre ses éphélides
Il s’endort

D’autres fois
C’est un fauve qui feint de s’assoupir
Alors elle griffe la courbe de ses épaules
Alors ses ongles suivent sa colonne vertébrale
De la première cervicale à la dernière lombaire
Ses ongles glissent des fesses aux chevilles
Un jour elle l’écorchera jusqu’au sang
Un jour elle le noiera dans l’écume de sa bouche
Un jour elle l’attachera
Elle serrera le lien
D’ailleurs elle l’a déjà
Ou alors …
Ce sera lui qui le fera

Sans titre silence

L’amour a bien des visages  5
Même celui du silence
Où cacher les  mots trop fragiles
Les jours passent et les heures sombrent
C’est notre hiver qui nous attend
Nous ne serons pas toujours dans la chaleur du vivant
Mais chaque jour  nous invente et nous façonne
Habillés de lumière

Extraits du recueil de 25 poèmes de
Siska Moffarts  « Lettres à  Hugo » 2019
Illustration : Philippe Marchot

 

 

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